Des compléments d'enquête thématiques

Dernière mise à jour : 24/08/2014

 

Les textes encore en travail mis à disposition ici ont été écrits à l'occasion de cette enquête sur la conception deleuzienne de l'esprit chez l'être humain. Ils sont regroupés par thèmes. Le devenir de ces textes reste indéterminé à ce jour : tout dépendra des circonstances

 

Le délire en philosophie : le thème du délire occupe une place singulière dans la philosophie contemporaine, partagé entre des travaux spécialisés de philosophie de l'esprit sur l'analyse des délires et des polémiques récurrentes sur le problème du droit au non-sens en philosophie. Or, le travail philosophique de Deleuze permet d'aborder simultanément ces deux aspects du thème du délire en philosophie, en leur donnant des développements inattendus. 

 

Le cas du nourrisson : alors que les travaux de psychologie cognitive sur les capacités affectives et cognitives des nourrissons sont en plein développement depuis les années 1980, l'intérêt des philosophes de l'esprit pour ce moment critique de la vie de l'être humain n'est peut-être pas à la mesure de l'enjeu (comme le suggère Pascal Engel en 1996 dans Philosophie et psychologie). Dans les années 1960, plusieurs philosophes français se sont pourtant intéressés à la question : Merleau-Ponty (non étudié), Althusser et Deleuze. 

 

Une méthode au cas par cas : dans son livre de 1967, Présentation de Sacher-Masoch, Deleuze met en oeuvre une méthode clinique en philosophie de l'esprit. Cette méthode a pour but de décrire les phénomènes mentaux au cas par cas, en réalisant ce que le philosophe nomme des portraits mentaux. Ces études de cas deleuziennes peuvent être considérées comme une sorte de réplique réaliste aux expériences de pensées des philosophes de tradition analytique. 

Ou bien la morale n'a aucun sens, ou bien c'est cela qu'elle veut dire, elle n'a rien d'autre à dire : ne pas être indigne de ce qui nous arrive. Au contraire, saisir ce qui arrive comme injuste et non mérité (c'est toujours la faute de quelqu'un),  voilà ce qui rend nos plaies répugnantes, le ressentiment en personne, le ressentiment contre l'événement.

 

DELEUZE, 1969

 

Le schizo sait partir : il a fait du départ quelque chose d’aussi simple que naître et mourir. Mais en même temps son voyage est étrangement sur place. Il ne parle pas d’un autre monde, il n’est pas d’un autre monde : même se déplaçant dans l’espace, c’est un voyage en intensité, autour de la machine désirante qui s’érige et reste ici. Car c’est ici qu’est le désert propagé par notre monde, et aussi la nouvelle terre, et la machine qui ronfle, autour de laquelle les schizos tournent, planètes pour un nouveau soleil. Ces hommes du désir (ou bien n’existent-ils pas encore ?) sont comme Zarathoustra. Ils connaissent d’incroyables souffrances, des vertiges et des maladies. Ils ont leurs spectres. Ils doivent réinventer chaque geste. Mais un tel homme se produit comme homme libre, irresponsable, solitaire et joyeux, capable enfin de dire et de faire quelque chose de simple en son nom propre, sans demander la permission, désir qui ne manque de rien, flux qui franchit les barrages et les codes, nom qui ne désigne plus aucun moi.

 

DELEUZE & GUATTARI, 1972